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le 8 et 9 août - La nuit des étoiles à Quiberon

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"LA PRISE DE VUE

Une fois sur place, préparez votre matériel à la lumière de votre lampe (si possible d’une puissance modeste, idéalement de couleur rouge pour vous éblouir le moins possible), puis contrôlez une dernière fois les serrages... et coupez votre lampe.

Ne faites rien, posez‐vous. Profitez de ce moment pour observer le ciel, la voûte céleste s’offre à vous dans toute sa beauté. Au départ, vous n’allez pas voir grand-chose, mais après une dizaine de minutes, votre œil va s’accommoder complètement à l’obscurité, et vous discernerez de plus en plus de petites étoiles, ainsi que la Voie lactée, qui prendra la forme d’un ruban diffus fantomatique, parcourant tout le ciel. Repérez les objets qui vous intéressent. Vous allez certainement devoir déplacer votre matériel pour composer avec le paysage terrestre si vous le souhaitez : allumez si besoin la lampe, mais surtout ne la regardez pas directement, tout le travail d’accommodation serait à refaire.

Premières choses à faire avant de déclencher :

  • – passez en mode M (manuel) ;
  • – débrayez en focus manuel ;
  • – désactivez la réduction du bruit ISO (laissez les logiciels de traitement s’en occuper) ;
  • – format d’enregistrement : RAW obligatoire ! Si vous enregistrez en JPG, vous n’aurez pas accès aux corrections d’optiques et ne pourrez pas faire ressortir les petits détails qui font la différence ;
  • – enfin, placez votre bague de mise au point au niveau de l’encoche/marquage que vous avez fait avant de partir


Pour la vitesse, les lumières sont tellement faibles que vous serez obligés d’avoir une obturation au-delà de la seconde. Selon votre focale, vous allez déclencher entre quelques secondes et jusqu’à 30 s. Retenez que plus votre focale est importante, plus vous devrez avoir une pose courte, à cause de la rotation terrestre : les étoiles finiront par créer des petits traits (les "filés") au lieu d’êtres ponctuelles.
Pour avoir un ordre d’idée, il est possible de poser jusqu’à 25 s pour 17 mm, 10 s pour 35 mm et 2 s au-delà de 70 mm sans avoir de "filés" trop importants. En règle générale, on oscille ente 15 et 25 s. N’hésitez surtout pas à faire plusieurs essais pour voir la différence.

Pour l’ouverture, on retrouve le principe classique en photographie : plus votre objectif est lumineux, mieux c’est, mais attention à ne pas ouvrir trop grand. Fermez un peu votre diaphragme afin de récupérer du pouvoir de résolution, pour obtenir des étoiles mieux définies et plus nettes. Avec un kit de base 18-55 mm fermé à f/3,5 ou f/4, vous vous retrouverez avec des étoiles plutôt "baveuses", mais cela s’améliore avec une optique de f/2,8 fermée à f/3,5, c’est encore mieux avec celles de f/1,8 fermées à f/2,8, le meilleur étant les optiques de f/1,4 fermées à f/2.

Enfin, pour la sensibilité, vous pouvez y aller plus ou moins généreusement selon la capacité de votre boîtier à gérer les montées ISO : les reflex d’entrée de gamme ont des images correctes entre 800 à 1 600 ISO mais ont du mal à 3 200 ISO, tandis que des appareils plus performants montent assez facilement au-delà de 4 000 ISO. Vous verrez par la pratique qu’il n’est pas nécessaire de monter au plus haut à chaque fois, car plus vous montez en sensibilité, plus vous aurez d’étoiles qui seront mélangées au bruit du capteur.

Une fois que vous avez réglé votre appareil, cadrez et composez. Si vous possédez une télécommande, prenez-la, sinon utilisez le retardateur pour éviter de faire vibrer l’ensemble lorsque vous appuierez sur le déclencheur, cela se verra assez facilement sur l’image.
Je le répète, n’hésitez surtout pas à expérimenter plusieurs réglages sur place pour voir ce qui vous plaît le plus : il sera trop tard quand vous serez rentré chez vous !

LES RETOUCHES

Dernière étape ô combien importante de votre processus photographique : le traitement de l’image. Il est d’autant plus vital en astrophotographie, où la gestion du bruit doit être particulièrement travaillée.
Je ne vais malheureusement pas pouvoir vous expliquer à loisir les retouches, qui peuvent être particulièrement complexes et longues pour obtenir un très bon cliché, néanmoins je vais vous montrer les points indispensables à respecter pour avoir une base solide.

Je vais me fonder sur Lightroom, avec une logique qui s’adapte à d’autres logiciels.

Une image brute n’est jamais très satisfaisante en astrophoto : c’est par le biais de la retouche (et des propriétés du RAW) que l’on exploite tout son potentiel. Utilisez et combinez les logiciels dont vous disposez ou n’ayez pas peur d’en utiliser de nouveaux — vous n’aurez pas le choix à un moment donné.


Premièrement, vous allez devoir éliminer les défauts optiques tels que le vignetage et les aberrations chromatiques. Dans la majorité des clichés de ceux qui découvrent l’astrophotographie, ces 2 défauts ne sont pas corrigés et le cliché est peu esthétique, avec un ciel beaucoup plus foncé dans les angles, et les étoiles entourées d'une aura magenta très saturée pour les plus brillantes.

Dans Lightroom, allez dans la section "Corrections de l’objectif" puis "Profil", sélectionnez votre optique dans la liste, puis dans "Couleur", cochez "Supprimer l’aberration chromatique" et jouez avec la réglette "Valeur" tout en observant le résultat sur une étoile.

L’étape suivante est la plus importante : vous allez devoir jouer entre réduire le bruit de façon plus ou moins importante, ce qui va effacer les étoiles les plus faibles, et augmenter les détails, ce qui a pour conséquence d’augmenter le bruit.

Pour cela, allez dans la section "Détail" et jouez avec la réglette de gain dans "Netteté" pour observer le rendu sur l’image ; il n’est en général pas conseillé de monter sur un gain trop important.
Ensuite, jouez avec la réglette "Rayon" pour mieux détacher les étoiles de luminosité moyenne du fond du ciel, mais attention, vous augmenterez le bruit assez significativement : allez-y avec parcimonie. Pour gérer ce traitement de manière assez fine, maintenez la touche "alt" enfoncée pendant que vous déplacez le curseur sur la réglette. L’image va alors passer en noir et blanc : plus les zones virent vers le blanc, plus elles sont affectées par le réglage de netteté. Veillez à avoir ce traitement uniquement sur les étoiles, et le moins possible sur le fond du ciel, ce qui aurait pour conséquence d’augmenter le bruit.
Ensuite, dans "Réduction du bruit", jouez avec la luminance ainsi que le détail pour lisser et réduire le plus possible le bruit du fond du cliché. Vous n’arriverez pas à l’éliminer totalement, c’est normal. En fonction de votre boîtier et vos goûts personnels, vous devrez plus ou moins appliquer cette correction. Une autre méthode pour combattre le bruit sur Lightroom consiste à appliquer une netteté et une clarté légèrement négative avec l’outil Pinceau, mais les éléments les plus brillants seront entourés d’un halo lumineux.

Partie délicate qui peut révéler la "population" d’étoiles de votre cliché : n’hésitez pas à utiliser le zoom à 100 % pour vérifier vos traitements. Sachez qu’il ne faut pas tenter d’éliminer totalement le bruit car vous lisserez le cliché et perdrez énormément d’étoiles...


Une fois que vous avez obtenu un résultat convenable, il vous faudra rétablir la température du cliché (sa couleur). Vous observerez que dans l’immense majorité des cas, la pollution lumineuse issue de l’éclairage public (avec l’emploi d’ampoules au sodium) projette une lumière jaune dans le ciel ; vous obtiendrez donc très souvent des images brutes avec cette couleur. Pour retrouver une teinte plus esthétique, vous pouvez contrôler la température du cliché dans la section "Réglages de base", en la passant dans des valeurs négatives, ce qui va rendre le cliché bleu. N’y allez pas trop fort, trouvez un équilibre entre teintes froides et chaudes... Vous pouvez aussi utiliser la pipette de Lightroom, mais elle vous propose parfois une mauvaise balance des blancs du point de vue esthétique (clichés partant dans des teintes de vert par exemple).

Partez dans les nuances de bleu sans tomber dans l’excès.


Il ne vous reste plus qu’à établir les bonnes valeurs d’exposition, de hautes et basses lumières, les blancs et noirs, ainsi que la vibrance et la saturation.

Si vous avez une pollution lumineuse importante, diminuez légèrement l’exposition, réduisez franchement les hautes lumières et les blancs. Au contraire, si votre cliché a été plutôt épargné, augmentez les hautes lumières et les blancs pour rendre les étoiles plus brillantes et réduisez les ombres et les noirs pour assombrir le fond (attention aux excès pour éviter de faire ressortir le vignetage).
Pour la vibrance et la saturation des couleurs, modulez l’intensité à votre guise, selon vos goûts personnels.

Sachez mettre en évidence les zones intéressantes et assombrissez le fond du ciel ; les réglages du cliché en cours de développement sur cette capture d’écran sont visible sur l’agrandissement du panneau de Lightroom.


Votre image est maintenant terminée avec ce traitement. Sachez que cette méthode n’est certainement ni la meilleure ni la plus complète (loin de là !) mais elle va vous permettre de sortir de jolis clichés sans vous arracher trop de cheveux."

Par Maxime Oudoux, 21 Juillet 2014 15h03